Où comment préparer un voyage multi destinations de longue durée
Me revoici, 3 mois depuis mon retour à la maison. Confinement oblige, j’ai fini de rédiger mes récits de voyage. J’ai bien sûr repris les billets du blog, mais j’ai également rédigé quelques lignes sur mon expérience personnelle d’un tour du monde, en solo, avec un sac à dos.
Je vous propose des astuces et anecdotes basées sur ma (très maigre et très courte) expérience pour répondre aux nombreuses questions que l’on m’a posé à mon retour. Vous trouverez aussi quelques idées, astuces et bons plans issus de mon expérience personnelle pour vous aider à concrétiser votre départ, ainsi que les récits de mon voyage.
Chapitre 1 : De l’idée à la concrétisation
Beaucoup ont réagi avec des étoiles dans les yeux en apprenant mon départ imminent en tour du monde. Il semblerait que partir en tour du monde soit le rêve de la plupart des gens mais que très peu ont au final de courage de sauter le pas. Il y a peu de chiffres disponibles sur le nombre de français osant partir en voyage de longue durée. La crise du Coronavirus de 2020 semble indiquer que 0,2% de la population française entreprend ce genre de voyage, même si 1 775 875 vivent à l’étranger (source : https://www.diplomatie.gouv.fr consulté le 06 Avril 2020).
Je ne suis pas plus courageuse qu’une autre, parce que parfois, au cours du voyage, je me suis dit que j’avais eu une drôle d’idée sans vraiment en mesurer toutes les conséquences. Je ne saurais pas expliquer pourquoi j’ai sauté le pas, mais je suis convaincue que si je l’ai fait, alors c’est possible pour tous. Il y a des choses à régler et à mettre en place avant le grand départ, c’est vrai. Tout le monde ne partira pas en 3 mois comme moi. Mais ce n’est pas le but non plus. S’il faut 10 ans de préparation pour certains et un seul mois pour d’autres, l’essentiel est de franchir le pas.
J’ai décidé de faire un tour du monde parce que plusieurs pays m’attirent depuis toujours. Il y a aujourd’hui un débat sur la définition même d’un tour du monde. Pour moi et selon le site tourdumondiste.fr, la référence française en la matière (et ma bible personnelle et mon livre de chevet et LA vraie référence), un tour du monde est un voyage qui consiste à parcourir complètement et dans un sens donné le globe terrestre jusqu’à revenir à son point de départ. Nul besoin forcément de traverser tous les continents ou de rester plus de un mois dans chaque pays. La définition du tour du monde reste une conception personnelle et même si certains ne seront pas d’accord (Sarah, je te vois), il faut aller où on a envie et rester tant que l’on se sent bien. L’objectif principal est de vivre son rêve sans contraintes. Ne nous arrêtons pas sur la sémantique parce que l’idée de ce recueil est de vous aider à partir en voyage.
Une fois que vous avez envie de partir (la vie est courte, je pense donc qu’il faut arrêter de tergiverser et y aller), il faut concrétiser cette envie. Encore une fois, cela peut prendre des années, des mois ou des semaines, mais peu importe. L’important est de foncer et de ne plus reculer. Pour cela, une préparation minutieuse est nécessaire afin d’envisager tous les aspects bloquants et les lever les uns après les autres. Il faut également vous poser les bonnes questions : pourquoi faire un tel voyage ? Combien de temps ? Avec qui ? Comment ?
Sachez que le tourdumondiste moyen part un an et visite une dizaine de pays, principalement en Asie et en Amérique Latine. Il voyage le plus souvent en avion entre les continents. Une fois sur place, il prend des bus locaux, mange dans de petits étals ou des restaurants de rue, dort dans des hébergements bon marché et parfois chez l’habitant. Plutôt que de voyager en avion, certains choisissent de voyager en vélo, en camping-car, en voilier, en van… Beaucoup de voyageurs partent pour une longue durée sans forcément faire un tour du monde à proprement parler. On peut très bien partir six mois ou un an juste en Amérique du Sud, en Asie ou en Afrique et vivre une expérience tout aussi extraordinaire.
Lors d’un tour du monde, on voyage de façon très différente. On a le temps d’improviser, de changer de plans, de s’attarder aux endroits qui nous plaisent. On est d’ailleurs assez surpris, quand on commence à s’écarter des sentiers battus, de s’apercevoir que beaucoup d’autres voyageurs qu’on rencontre sont eux aussi partis depuis très longtemps. Il existe ainsi une vraie petite communauté de tourdumondistes qui se retrouvent ponctuellement au long de leur voyage.
On a tous nos propres motivations qui nous poussent à prendre le large. Les principales raisons qui font qu’un tour du monde vaut la peine d’être vécu peuvent être de sortir de sa zone de confort, d’avoir du temps, d’être libre, de déconnecter, de découvrir d’autres façons de vivre, de rencontrer d’autres voyageurs, de voir des lieux magnifiques, de goûter de nouvelles saveurs, de vivre des expériences extraordinaires, de reconnecter avec la nature, de prendre du recul, de donner une autre dimension à son couple, de faire vivre une expérience de vie à ses enfants, etc…
Combien de personnes rêvent un jour de faire le tour du monde, mais ne passent jamais à l’acte ? En effet, il est très facile de se trouver des prétextes pour remettre ce projet à plus tard, parfois indéfiniment. Les excuses qui reviennent le plus souvent sont que c’est trop cher, trop dangereux, mauvais pour la carrière professionnelle, trop compliqué à organiser ; que voyager, c’est fuir la vraie vie, que l’on va se sentir seul ou au contraire va-t-on se supporter (pour les couples et les familles). Certains ont peur pour l’éducation des enfants, ou peur de ne pas supporter le manque de confort, de finir par s’ennuyer, de ne pas supporter la nourriture, d’avoir des problèmes de santé, ont peur du retour. Bref vous l’aurez compris, il existe mille raisons de ne pas franchir le pas. Mais une fois que l’on trouve une solution à chaque problème, on concrétise petit à petit son rêve.
Les tourdumondistes partent en moyenne à 27 ans. Mais ce n’est qu’une moyenne. Je suis partie à 33 ans, j’ai rencontré des jeunes à peine majeures et des retraités aussi. Plusieurs événements peuvent vous pousser au voyage : la fin des études, un mariage, une naissance, une envie de changer de job, un licenciement, une rupture amoureuse, un problème de santé, un départ en retraite… Le cas le plus courant (le mien) est celui de jeunes actifs qui, après avoir travaillé quelques années et mis assez d’argent de côté, choisissent de mettre temporairement leur vie professionnelle entre parenthèses pour découvrir le monde. Mais il ne faut pas en faire une généralité. En réalité, il n’existe pas de « meilleur » moment pour partir. Si vous ne vous sentez pas prêt, vous trouverez toujours une raison de repousser votre départ.
Les tourdumondistes partent en moyenne un an. C’est un chiffre rond et ça correspond à la durée d’un congé sabbatique en France. Mais encore une fois, il n’y a pas de règle. La durée de votre voyage dépendra avant tout de votre budget. Plus vous partez longtemps, plus vous aurez de sorties d’argent sans en gagner en parallèle. La durée dépendra aussi du nombre de pays que vous souhaitez visiter et du temps que vous comptez passer dans chacun d’eux. Enfin, elle sera limitée si vous avez pris un congé sans solde, un congé sabbatique ou si vous vous êtes mis en disponibilité de la fonction publique. La durée de votre tour du monde n’est pas gravée dans le marbre. Certains voyageurs rentrent plus tôt que prévu. D’autres, au contraire, choisissent de ne pas utiliser leur dernier billet d’avion et prolongent leur voyage. Parfois, pour ceux qui arrivent à trouver un moyen de travailler en voyageant, le voyage peut se poursuivre pendant très longtemps.
Chapitre 2 : La préparation du voyage
- Emploi
La première question que l’on se pose en général est de savoir quoi faire avec son emploi. Tout le monde ne va pas démissionner sur un coup de tête pour partir en voyage. C’est évident et il est vrai que dans mon cas, la vie m’a donné un sacré coup de main. La demande de rupture conventionnelle à l’initiative de mon employeur m’a grandement aidée. Mais il existe plusieurs solutions, adaptée à chacun. Je ne rentrerai pas dans les détails administratifs, me contentant ici de lister les options.
La démission (concerne uniquement les salariés en CDI) est la première possibilité. C’est la solution la plus simple, mais il faut être prêt à se lancer dans une recherche d’emploi au retour du tour du monde.
La rupture conventionnelle (concerne uniquement les salariés du privé en CDI) est aussi fréquente car elle donne droit aux allocations au retour du tour du monde en attendant de trouver un nouveau poste. L’employeur doit cependant accepter cette solution (et ce n’est souvent pas le plus simple).
Le congé sabbatique est un droit pour les salariés du privé qui ont au moins 36 mois d’ancienneté dans l’entreprise et au moins 6 ans d’expérience professionnelle. Sa durée est comprise entre 6 et 11 mois et il n’est pas rémunéré. C’est une solution très avantageuse, mais les conditions sont strictes. De plus, la possibilité donnée à l’employeur de décaler ou de refuser le congé fait qu’il vaut mieux avoir de bonnes relations avec lui pour pouvoir bénéficier d’un congé sabbatique.
Le congé sans solde n’est pas réglementé. L’employeur n’est donc pas obligé de l’accepter. Il s’agit d’un document signé par le salarié et l’employeur dans lequel on précise la date de début du congé et sa durée. Il entraîne une suspension du contrat de travail et n’est pas rémunéré. C’est une bonne solution pour ceux qui souhaitent reprendre leur job à leur retour, mais ne remplissent pas les conditions du congé sabbatique.
La mise en disponibilité est l’équivalent du congé sabbatique pour les fonctionnaires. C’est la seule solution pour les fonctionnaires qui veulent le rester à leur retour.
Le mi-temps annualisé pour les enseignants est aussi courant. Seule la moitié de l’année scolaire est travaillée à temps plein et normalement. Pendant l’autre moitié, on ne travaille pas. On est payé la moitié de son salaire pendant toute l’année ce qui est très intéressant quand on voyage d’avoir un salaire qui tombe. Par contre, c’est difficile quand on est en France et qu’il faut vivre avec une moitié de salaire seulement.
Le congé parental d’éducation permet d’arrêter momentanément de travailler pour s’occuper de ses enfants. Cela peut donc être une bonne solution pour les parents qui veulent partir faire le tour du monde avec des jeunes enfants.
Un abandon de poste consiste à ne plus se présenter sur son lieu de travail. L’abandon de poste est assez risqué. Lorsque vous rechercherez du travail à votre retour, le recruteur risque d’appeler votre ancien employeur. S’il apprend que vous avez déjà fait un abandon de poste, vous risquez fort de ne plus entendre parler de lui.
Si on touche des allocations chômage au moment du départ, on ne peut pas continuer de les percevoir pendant le voyage.
Si on touche le RSA au moment du départ, on ne peut pas continuer de le percevoir pendant le tour du monde.
- Financement et budget
La deuxième question qui se pose est de savoir comment financer un tel voyage. En fonction des pays que l’on veut visiter, de la durée du tour du monde, du mode de voyage entrepris, cela peut coûter plus ou moins cher, ne nous mentons pas. Mais là encore, il existe plusieurs options permettant de financer son voyage (rappelez vous qu’il n’y a pas de problème mais que des solutions !).
La solution que j’ai choisie et aussi la plus courante est d’économiser. J’ai donc mis de l’argent de coté avec régularité pendant une dizaine d’années. J’ai ouvert un compte bancaire dédié que j’ai régulièrement approvisionné avec les primes professionnelles et cadeaux reçus pendant toutes ces années. Cette solution est longue et nécessite bien entendu de s’y prendre avec un peu d’avance.
Pour les plus pressés (ou moins économes), vous pouvez par exemple trouver des sponsors ou solliciter une bourse de voyage. Certains utilisent les sites de crowdfunding et sollicitent les dons sur Internet. Vous pouvez également travailler pendant le voyage pour renflouer votre compte en banque en cours de route et cela peut même devenir un vrai mode de voyage. On y reviendra plus loin mais la mise en location de son logement (si on est propriétaire) peut vous procurer une source de revenus pendant votre voyage. Certains prennent un crédit (mais il ne faut pas oublier qu’il faudra le rembourser un jour ou l’autre). On peut également gagner de l’argent avec son site de voyage (mais cela nécessite d’avoir les compétences techniques pour réaliser un vrai site qui aura du succès).
Il n’est pas facile d’arriver à estimer soi-même le coût d’un voyage au long cours. Plusieurs sites internet proposent des outils afin d’aider à calculer précisément le budget en prenant en compte les principaux paramètres qui impactent les dépenses : durée du voyage, pays visités, transport, hébergement, matériel, assurance, visas, vaccins…
Le budget total moyen d’un tour du monde est de 15 000 € par an et par personne. Mais cette moyenne reflète des réalités très contrastées. Certains tourdumondistes arrivent à voyager avec un budget presque nul, en se déplaçant uniquement à pied et en auto/bateau-stop, en campant ou en bénéficiant de l’hospitalité des gens. D’autres, au contraire, prennent beaucoup de vols ou voyagent dans un véhicule coûteux, logent à l’hôtel et font beaucoup d’activités (ce qui a été mon cas). Je n’ai pas souhaité me mettre en danger et sacrifier un confort minimal (deux douches par jour et dormir dans un lit) même si j’ai fait des concessions comme de dormir dans des auberges de jeunesse, dans des chambres de 20 personnes parfois.
Les dépenses sur place représentent la plus grosse partie du budget lors d’un long voyage : environ les deux tiers en moyenne. Viennent ensuite les billets d’avion qui représentent environ un cinquième du coût total (pas si chers que ça finalement). Le reste des dépenses est principalement composé de l’équipement, de l’assurance, des visas et des vaccins. Le budget quotidien moyen va du simple au quintuple parmi les pays les plus visités par les tourdumondistes. En Inde, on dépense en moyenne 18€ par jour alors qu’en Polynésie, le budget quotidien moyen est de 86 €. Si votre compte en banque n’est pas très garni, le meilleur moyen pour partir longtemps est de rester au maximum dans des pays peu chers. La zone la moins coûteuse est l’Asie (hors Japon, Corée et Chine : les pays que j’ai choisi de visiter bien sûr). La Chine, l’Amérique latine (hors Brésil et Argentine), et l’Europe de l’Est reviennent un peu plus cher, mais restent abordables. L’Europe occidentale, l’Amérique du Nord, le Japon, l’Océanie, le Brésil et l’Argentine nécessitent un budget élevé. L’Afrique est peu visitée par les tourdumondistes. Nous n’avons donc malheureusement pas beaucoup de données pour ce continent. Cependant, contrairement à ce qu’on pourrait penser, voyager en Afrique n’est pas forcément très bon marché. En effet, il n’y a quasiment pas de logement ni de transport à destination des backpackers (voyageurs en sac à dos).
Préparer un tour du monde, c’est un peu comme manger à un buffet à volonté. On a envie de ne rien rater et on a souvent tendance à vouloir visiter trop de pays. Mais une fois en route, vous vous rendrez vite compte que pendant un long voyage on n’a pas le même rythme qu’en vacances de une à deux semaines. J’étais sceptique mais ça n’a vraiment rien à voir je vous assure. Je vous conseille donc de ne pas être trop gourmand pour votre itinéraire. Voyager lentement permet aussi de limiter considérablement les dépenses de bus et autres transports locaux. Quand on reste quelques semaines au même endroit, on peut aussi s’arranger pour négocier un bon prix pour un logement. Les voyageurs qui ne restent en moyenne que deux ou trois semaines par pays ont des dépenses plus de deux fois supérieures à ceux qui restent plus de sept semaines par pays (comme par hasard moi aussi, à croire que je n’ai suivi aucun de ces conseils dis donc). Voyager à plusieurs permet aussi de diviser beaucoup de coûts par deux : les chambres, les taxis, les guides de randonnée… Bien souvent on paie seul une chambre qui contient deux lits simples ou un lit double. Si vous voyagez seul, vous rencontrerez souvent d’autres voyageurs solos qui cherchent également à économiser en partageant une chambre. C’est aussi une bonne façon de se faire des potes de voyage. Si vous voyagez en famille, vous ferez des économies d’échelle. Les enfants mangent moins et peuvent dormir dans la chambre de leurs parents. De plus, les petits ne paient pas forcément les transports.
- Les dépenses avant le départ sont principalement,, je le rappelle, les billets d’avion, l’équipement, les assurances, les visas et les vaccins.
Les billets d’avion
Les trois quarts des voyageurs longue durée se déplacent principalement en avion et en transports en commun locaux. Les tourdumondistes dépensent en moyenne 3 100 € pour leurs billets d’avion (pour 11 mois de voyage en moyenne), alors que ceux qui font un long voyage sans faire un tour du monde ne dépensent en moyenne que 1 000 € en billets d’avion (pour 7 mois de voyage en moyenne). Pour acheter vos billets d’avion, trois solutions s’offrent à vous :
1. Acheter vos billets au fur et à mesure
Cette solution à l’avantage d’offrir une grande flexibilité. En revanche, elle nécessite plus d’organisation pendant le voyage. En effet, il vous faudra acheter vos billets suffisamment à l’avance pour éviter de les payer au prix fort.
2. Acheter un billet tour du monde auprès de l’une des grandes alliances aériennes
Star Alliance, One World et Sky Team, ainsi qu’Emirates, proposent des billets tour du monde. Le principe est simple : vous achetez vos billets en une fois et les dates sont ensuite modifiables gratuitement (mais pas les destinations). Chaque alliance propose sa propre gamme de billets tour du monde. Leurs prix varient d’environ 2 500 € à 4 500 € par personne en classe économique, en fonction du nombre de continents visités ou du nombre miles parcourus.
3. Acheter un billet tour du monde auprès d’une agence de voyage spécialisée (ce que j’ai fait)
Certaines agences de voyage, comme Travel Nation, Zip World (ceux que j’ai choisi) ou Ave Mundum sont spécialisées dans les billets tour du monde sur mesure. Elles combinent les offres des alliances avec des vols d’autres compagnies pour que vous ne soyez pas limité aux destinations desservies par les compagnies de l’alliance. Elles peuvent vous conseiller dans l’optimisation de votre itinéraire pour faire baisser le prix de vos billets ou ajouter des destinations à peu de frais. Leurs prix commencent à environ 1 500 € pour des billets tour du monde très basiques et même beaucoup moins pour d’autres types de billets multi destinations.
Pour réduire le budget des billets d’avion, limiter le nombre de vols est le meilleur moyen. La première question à vous poser est « Est-ce que je veux absolument faire un tour du monde ? ». En effet, faire un tour du monde nécessite de traverser l’océan Pacifique, ce qui augmente beaucoup le coût des billets d’avion, même en prenant un billet tour du monde. Il est tout à fait possible de faire un voyage inoubliable sans traverser le Pacifique. Bien sûr, vous ne pourrez pas dire « J’ai fait le tour du monde » en rentrant, mais finalement est-ce si grave que ça ? Un bon moyen d’économiser est de ne prendre l’avion que pour changer de continent. Vous pouvez arriver dans une ville, voyager en prenant les transports en commun locaux et repartir d’une autre ville. On appelle ça les tronçons terrestres. Ils peuvent être prévus dans un billet tour du monde (on les représente de cette façon //). Si vous voyagez ainsi, vous pourrez faire un tour du monde en ne prenant que trois ou quatre fois l’avion.
Par exemple : Paris – Bangkok // Singapour – Perth // Sydney – Santiago // Lima – Paris
L’équipement
Les tourdumondistes dépensent en moyenne 600 € pour leur équipement. Cependant, cette moyenne cache des écarts très importants. Certains voyageurs se contentent principalement de ce qu’ils avaient déjà en leur possession, d’autres investissent dans du matériel haut de gamme. Un équipement basique peut tout à fait faire l’affaire. Vous pouvez vous contenter de ce que vous avez déjà chez vous et compléter avec du matériel Décathlon par exemple, qui offre un bon rapport qualité/prix ou acheter d’occasion. Si vous comptez camper, faire du trekking en haute montagne, ou souhaitez voyager ultraléger, opter pour du matériel plus performant peut être une bonne idée. Vous pouvez profiter de soldes, de ventes privées ou de promotions sur internet pour en trouver à des prix raisonnables.
L’assurance
En dehors de l’Europe, la sécurité sociale française ne vous remboursera qu’en cas d’événement inopiné et seulement selon les barèmes français. Les assurances des cartes bancaires de vous couvrent que pour les trois premiers mois de voyage. Il est donc fortement recommandé de prendre une assurance voyage longue durée. Les tourdumondistes dépensent en moyenne 400 € pour leur assurance voyage. C’est un budget non négligeable, mais qui peut vous éviter une addition très salée en cas de problème. La plupart des assurances couvrent les risques suivants : rapatriement, frais médicaux, décès, invalidité, assistance juridique, frais de recherche et de secours, retour anticipé, annulation, bagages et responsabilité civile. Il n’est pas facile de s’y retrouver dans la multitude d’assurances voyage proposées sur le marché. Mais vous pouvez retrouver sur internet des comparatifs très détaillés des couvertures et des tarifs de tous les principaux assureurs pour vous aider à faire votre choix.
Les visas
Le passeport français est l’un des « meilleurs » au monde car il permet de rentrer dans 188 pays sans visas (mais avec des autorisations électroniques). Mais pour entrer dans certains pays, vous devrez payer un visa. La plupart des pays d’Amérique Latine sont accessibles aux Européens sans visa. En Asie et en Afrique, en revanche, beaucoup de pays en demandent un. Les tourdumondistes dépensent en moyenne 200 € pour leurs visas. Quand l’option est proposée, préférez les e-visas qui sont en général moins chers que les visas classiques.
Les vaccins
Avant de partir voyager dans des pays tropicaux, il faut passer par la case vaccins. Vous pouvez les faire dans un centre de vaccinations internationales. Ceux des hôpitaux sont en général moins chers que ceux de l’Institut Pasteur ou du centre de vaccination Air France. Le nombre de vaccins à faire dépend des pays que vous visitez, des vaccins que avez déjà faits auparavant et du niveau de risque que vous êtes prêt à prendre. Les seuls vaccins qui sont remboursés par la sécurité sociale sont : Diphtérie, tétanos, coqueluche et poliomyélite, Rougeole, rubéole et oreillons et Hépatite B. Les autres ne sont pas remboursés, mais certaines formules de mutuelles peuvent parfois les prendre en charge. Les tourdumondistes dépensent en moyenne 200 € pour leurs vaccins. Hypochondriaque de nature, mes vaccins étaient bien entendu à jour. Vu les pays visités, mon généraliste n’a pas jugé utile de m’en faire d’autres. C’est donc un poste de dépenses que je n’ai pas eu.
Le véhicule
Plutôt que de voyager en avion et en transports en commun locaux, certains tourdumondistes préfèrent partir avec leur propre véhicule. Il est possible de faire de grosses économies sur les billets d’avion en choisissant un mode de transport alternatif. Voyager en vélo revient en moyenne beaucoup moins cher qu’en avion, même en prenant en compte l’achat du matériel. Cependant, la somme que dépensent les tourdumondistes pour leur vélo et leur équipement varie énormément. Certains s’en sont sortis pour 500 €, alors que d’autres ont dépensé plus de 6 000 €. Beaucoup de familles et certains couples optent pour un véhicule motorisé pour leur tour du monde : camping-car, camion, van aménagé, 4×4, voilier… Là encore, l’investissement varie beaucoup selon le type de véhicule : de 2 000 € pour un vieux van aménagé à plus de 300 000 € pour un camion 4×4 haut de gamme. Si vous choisissez de voyager avec votre véhicule, partir d’Europe jusqu’en Asie ou en Afrique par la route vous permettra de ne pas prendre d’avion du tout. Il est aussi possible de vous rendre sur le continent américain et d’acheter un véhicule sur place. Si vous souhaitez faire un véritable tour du monde avec votre véhicule, il vous faudra prévoir un budget supplémentaire important pour le transporter par cargo d’un continent à l’autre. Vous devrez également payer des billets d’avion, car il n’est, en général, pas possible d’embarquer sur le navire avec votre véhicule. J’ai loué un campervan en Australie et une voiture à Vancouver mais voyageant seule, ces dépenses sont assez élevées et je n’ai pas jugé judicieux d’acheter un véhicule (et conduire tout le temps toute seule). Mais il s’agit d’un choix personnel.
- Les dépenses sur place ne sont pas négligeables, loin de là.
Les tourdumondistes dépensent en moyenne 10 500 € sur place, soit environ les deux tiers du budget total. De manière générale, le budget sur place se répartit à peu près à parts égales entre l’hébergement, la nourriture et les boissons, les transports locaux, les visites, activités et dépenses diverses. Mais cette répartition varie selon les pays. Si vous faites un trek avec un guide au Népal ou si vous prenez des cours de plongée en Thaïlande, la part des activités sera plus élevée. Si vous visitez la Patagonie en Argentine, la part des transports locaux sera prépondérante. Dans les pays riches, au contraire, la part de l’hébergement et de la nourriture sera plus importante. Personnellement, c’est ce qui a plombé mon budget initial et que j’avais plutôt mal estimé avant le départ. J’ai dépensé plus d’argent que prévu pour les activités et déplacements dans les pays.
L’hébergement
Dormir dans les bus, une bonne technique pour économiser des nuits d’hôtel. Je l’ai fait deux fois en Asie où l’hygiène et la propreté sont irréprochables. Ca reste donc de bonnes expériences pour moi. La plupart des tourdumondistes logent dans des hébergements pour backpackers pendant leur voyage. Il s’agit le plus souvent de guesthouses ou de bungalows en Asie, d’auberges de jeunesse ou de petits hôtels pas chers en Amérique Latine et dans les pays riches. J’étais très sceptique et critique, mais j’ai très vite dû me forcer à dormir dans ce type d’hébergement. La première fois ça a été à Washington D.C. Et même si c’était sous la contrainte au départ, j’ai tellement aimé l’expérience que j’ai fini mon voyage en ne dormant que dans des auberges de jeunesse ou guesthouses, même quand je pouvais prendre des chambres seules. J’ai eu la chance de tomber sur des colocataires exemplaires (sauf une fois en Corée du Sud mais ce n’était que pour une nuit donc ce n’était pas grave) et avec lesquels je me suis bien entendue.
Dans les zones très touristiques, les prix s’envolent en haute saison. Celle-ci n’est pas forcément la même dans tous les pays, ce qui permet, avec un peu d’organisation, d’éviter de se retrouver au milieu des hordes de vacanciers et de payer le prix fort. Quand vous voyagez en basse saison et que les logements sont peu remplis, il est souvent possible d’obtenir une réduction en marchandant un peu. L’important, quand vous négociez, est d’être patient et de garder le sourire. Il est possible de faire de grosses économies en optant pour d’autres types d’hébergements :
- Le camping : Partir avec une tente alourdira votre sac à dos, mais vous permettra de dormir gratuitement partout dans le monde.
- Le couchsurfing : son intérêt est avant tout de rencontrer des locaux sympas pour partager leur culture, mais il permet aussi de se loger gratuitement.
- L’hébergement contre travail : via des sites comme Wwoof, HelpX ou Workaway, vous pouvez travailler bénévolement avec une communauté locale en étant nourri et logé.
- Dormir dans les bus : En Asie et en Amérique Latine, beaucoup de bus sont équipés de sièges inclinables permettant de dormir lors des trajets de nuit, ce qui vous permettra d’économiser des nuits d’hôtel (mais l’hygiène n’est pas toujours au rendez-vous donc prudence).
- Dormir dans un van : Si vous voyagez dans de grands pays riches comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande, les États-Unis, le Canada, il peut être intéressant d’acheter (ou louer) un van et de dormir dedans ou d’acheter une voiture et une tente pour faire du camping. Vous pourrez ensuite le revendre à votre départ. Plus vous restez longtemps, plus c’est intéressant par rapport à la location d’un véhicule. J’ai loué un van en Australie pendant 1 mois et l’expérience a été très concluante. J’ai choisi de ne pas dormir n’importe où mais uniquement dans des campings (on n’oublie pas les douches obligatoires et le minimum de confort quand même). Je devais donc payer quelques dollars pour me garer mais malgré cela, la liberté que l’on ressent, le confort du campervan font que j’ai vécu des expériences inoubliables.
La nourriture
Dans beaucoup de pays, pas besoin d’aller dans un restaurant pour bien manger. Dans la rue ou sur les marchés, la nourriture est toujours fraîche et les plats ne sont pas modifiés pour plaire aux palais occidentaux. C’est surtout dans les pays dont le niveau de vie est plus élevé qu’il faudra faire attention à ce poste de dépense. Il revient beaucoup moins cher d’acheter à manger dans les magasins et de cuisiner que de manger à l’extérieur. La plupart des auberges de jeunesse mettent des cuisines à disposition. Privilégiez les produits locaux, souvent moins chers que les produits importés. Si vous faites du camping, investir dans un réchaud et une popote vous permettra de faire pas mal d’économie sur la nourriture.
Les boissons et les sorties
Ce poste de dépense semble marginal, mais une soirée un peu arrosée dans un bar ou un resto peut vite faire déraper votre budget. Dans beaucoup de pays, une bière coûte plus cher qu’un repas. Réduire votre consommation d’alcool fera donc du bien à votre foie et à votre porte-monnaie. Cependant, on comprend l’importance d’un petit apéro de temps en temps. Alors, plutôt que de vous sevrer complètement, privilégiez les spécialités locales, en général moins chères que la bière.
Les transports locaux
Votre moyen de transport principal sera le bus. Privilégiez les bus locaux, moins chers et plus authentiques que les bus pour touristes. Dans certains pays, comme l’Inde notamment, le train est également très bon marché si vous évitez les classes de luxe. Les vols intérieurs sont en général beaucoup plus chers, notamment en Asie, les vols low-cost valent parfois le coup. Dans les pays où le coût de la vie est bas, il est possible de se déplacer en taxi, touk-touk ou rickshaws sans se ruiner. En vous renseignant un peu dans votre guide et autour de vous, vous pourrez assez facilement connaître le prix « normal » d’une course. Fixer le prix à l’avance vous permettra d’éviter une addition salée à l’arrivée.
Les visites et les activités
Les visites de lieux très connus, les tours ou les activités sportives comme le trekking avec un guide et la plongée peuvent vite faire décoller votre budget. À peine arrivé dans une nouvelle ville, votre hôtel vous propose généralement des activités en partenariat avec des agences locales. En cherchant un peu, il est souvent possible de vous organiser sans intermédiaire pour visiter un monument, faire une randonnée ou profiter de toutes sortes d’attractions touristiques. Bien sûr, vous serez la cible du « marketing de la peur ». Il consiste à vous convaincre que vous ne pourrez pas y arriver par vous-même, que c’est impossible, bla bla bla… Ne vous laissez pas impressionner, mais prudence quand même.
Les frais bancaires
A chaque fois que vous utilisez votre carte bancaire pour payer ou retirer de l’argent en dehors de la zone euro, votre banque vous prélève des frais. Si vous êtes dans une banque traditionnelle, ces frais peuvent aller jusqu’à 500 € sur une année de voyage. Il est donc intéressant d’ouvrir un compte dans une banque en ligne ou une banque mobile. Certaines banques, comme Monabanq ou N26 proposent des offres sans frais sur les retraits à l’étranger. J’ai donc ouvert un compte Monabanq avant de partir, mais je n’ai que très peu utilisé la carte. J’ai surtout pris une carte Revolut qui est, à mon humble avis, la meilleure et unique carte à avoir lors de son tour du monde. Il n’y a aucun frais lors des retraits, les transactions sont instantanées donc on peut suivre et gérer son budget en temps réel. Cette carte est réellement mon coup de cœur du tour du monde. Cette carte me sert quotidiennement depuis mon retour et n’attend que mon deuxième départ pour d’autres aventures.
Les autres dépenses sur place
Les autres dépenses peuvent inclure les lessives (une par semaine en ce qui me concerne), le coiffeur (et un petit plaisir de breads dans un salon aux States), l’achat de souvenirs et de cadeaux (très peu vu le sac à dos), l’envoi de colis en Europe, les frais de téléphone ou de connexion à Internet (Free propose des forfaits internationaux à très petits prix et très intéressants), le rachat ou la réparation d’équipement en cas de vol, de perte ou de casse, les arnaques (payer le visa pour la Nouvelle Zélande trois fois son prix par exemple), et les frais médicaux en cas d’accident ou de maladie (remboursés ensuite par votre assurance voyage).
Dépenses qui continuent en votre absence
On les oublie souvent quand on calcule un budget pour un tour du monde. Le fait d’être en voyage n’empêche pas certains frais de continuer à être débités. Pensez à laisser assez d’argent sur votre compte pour éviter de tomber dans le rouge sans vous en rendre compte. Je pense par exemple à la taxe foncière si vous êtes propriétaire, l’assurance habitation si vous conservez votre logement pendant votre voyage, l’assurance auto. Même si personne n’utilise votre voiture pendant votre absence, elle doit obligatoirement rester assurée, c’est la loi. Il vous faut donc contacter votre assurance pour passer à la formule la moins chère. Il existe tout de même une solution pour ne pas payer d’assurance en votre absence. Vous pouvez mettre votre véhicule hors d’état de nuire ou de circuler (ses roues ne doivent plus toucher le sol et la batterie et le carburant doivent être retirés). J’ai choisi de souscrire à l’assurance hors circulation (environ cinq euros par mois) et j’ai rétabli mon assurance tout risque à mon retour. Pour l’abonnement téléphonique, quand on voyage, il est parfois bien utile de garder un petit forfait de téléphone qui fonctionne à l’international pour pouvoir recevoir des appels et les codes validation de votre banque par texto. J’ai donc garder ma ligne en prenant le plus petit forfait d’environ dix euros et j’ai ouvert une ligne internationale chez Free pour une vingtaine d’euros par mois. Ce forfait couvrait 80% des pays que j’ai visités et pour les pays non couverts par le forfait, je n’utilisais que la wifi et WhatsApp, et tout s’est excellemment bien passé.
Si vous avez quitté votre logement et que vous ne connaissez personne qui puisse stocker vos meubles, vous pouvez les entreposer dans un garde-meuble. Pour limiter les frais, pensez aux plateformes de co-stockage entre particuliers, moins chères que les services de self-stockage traditionnels.
Si vous avez des emprunts en cours de remboursement pour votre logement, votre voiture ou vos études, vous devrez continuer à les rembourser pendant le voyage. Si votre contrat le permet, vous pouvez cependant demander de suspendre le remboursement de votre crédit pendant la durée de votre tour du monde.
Garder une mutuelle n’est pas indispensable pendant un tour du monde. Cependant, quelques voyageurs font le choix d’en garder une pour être sûr que leurs frais médicaux en France soient couverts à 100 % en cas de rapatriement.
- Construire son itinéraire
Planifier son itinéraire, c’est la partie la plus amusante de la préparation d’un tour du monde. Il faut tout d’abord chercher de l’inspiration. J’ai listé pendant mon arrêt maladie tous les pays et toutes les villes qui me faisaient rêver, sans censure et sans rien oublier. Pour trouver cette inspiration, vous pouvez aussi parlez avec vos amis voyageurs, lire des blogs de voyage, des forums et des groupes Facebook de voyageurs, des guides et des magazines de voyage, regarder des émissions de télé (je suis devenue fan de « nus et culottés », de « échappées belles » et d’autres émissions de voyage sur France 5 et Arte), écouter des émissions de radio et des podcasts. Vous pouvez aussi consulter la carte du monde des sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. Toutes ces sources d’inspirations viendront nourrir vos réflexions.
Faites une première liste très large, sans vous brider, de tous les pays et de tous les lieux que vous aimeriez visiter, de tous les événements auxquels vous aimeriez participer et de toutes les expériences que vous aimeriez vivre. Si vous partez à plusieurs, faites chacun votre liste en essayant de ne pas en parler aux autres pour ne pas vous influencer. Une fois que votre liste vous semble terminée, classez-là par ordre de priorité : ce que voulez impérativement voir en haut et ce à quoi vous êtes prêts à renoncer en bas.
Si vous partez à deux (ou plus), une fois que chacun aura fait sa liste, confrontez vos envies. Les endroits qui sont dans vos deux listes sont les plus faciles à choisir. Essayez ensuite de combler des espaces entre chacun de vos pays communs avec des pays qui n’ont été choisis que par l’un d’entre vous pour créer un itinéraire avec un maximum de pays frontaliers. Si vous voyagez en famille, vous pouvez impliquer les enfants dans le choix en leur proposant, par exemple, de choisir chacun un pays.
Il faut ensuite éliminer des pays. C’est l’étape la plus difficile. Il faut faire des concessions et renoncer à certains pays si vous ne voulez pas vous retrouver avec une liste longue comme le bras et courir pendant tout votre voyage. Commencez par éliminer les pays qui sont trop excentrés par rapport au reste de votre itinéraire. Certains critères vous permettront de faire évoluer votre itinéraire, comme la durée et le rythme du voyage, le budget, le transport, le climat, la sécurité, les visas, les frontières et votre empreinte carbone. Je suis passée par une agence de voyage pour les billets et ils m’ont également beaucoup aidé à planifier le voyage. Certaines destinations sont plus chères que d’autres, certaines combinaisons de vol compliquées ou impossibles. C’est aussi une bonne façon de finaliser et d’optimiser ses choix.
Il existe un site de référence, le planificateur A-contresens sur internet, qui vous permet de finaliser votre itinéraire. Vous devez en effet entrer vos destinations, les dates (approximatives, soit) pour chaque ville et pays. Cela peut prendre un peu de temps, mais vous aurez une vision globale de votre voyage avec une carte (ce qui vous permettra de rectifier votre itinéraire par exemple), de valider le budget, vérifier que vous avez choisi les bonnes saisons, etc. ce site est une véritable pépite et absolument incontournable selon moi. C’est le seul outil spécifiquement conçu pour les voyageurs au long cours. Il vous permet de construire votre itinéraire en ligne et vous indique si le climat est favorable à chaque destination au moment où vous avez prévu d’y être. Vous pouvez ensuite le visualiser sur une carte. Cet outil vous demande de spécifier une ville pour chaque destination, ce qui vous encourage à surplanifier votre voyage. Vous pouvez aussi rechercher parmi les itinéraires de milliers d’autres voyageurs pour trouver de l’inspiration. Les filtres dans la colonne de gauche vous permettent d’affiner vos critères. Il faut cependant être conscient que la majorité de ces itinéraires sont des itinéraires prévisionnels. Les voyageurs modifient généralement leur trajet en cours pour ralentir leur rythme par rapport à ce qu’ils avaient prévu, mais ne le mettent pas forcément à jour sur le planificateur A-contresens. Mais cela vous donne une très bonne vision pour débuter votre planification.
La combinaison de la durée et du rythme de votre voyage va déterminer le nombre de pays que vous pourrez inclure dans votre itinéraire. Prévoyez un rythme plus lent qu’en vacances. Quand vous commencerez à réfléchir à l’itinéraire de votre tour du monde, il sera difficile de perdre les réflexes que vous avez acquis en organisant vos précédentes vacances à l’étranger. Pour un séjour de deux ou trois semaines dans un pays, on préfère souvent avoir une idée assez précise de ses étapes afin d’éviter de passer à côté des lieux incontournables. Un long voyage est très différent. Au bout de quelques mois de voyage, vous vous lasserez d’enchaîner les visites de sites (si si je vous assure). Ne soyez pas trop gourmands. Il vaut mieux visiter moins de pays, mais prendre le temps de bien les découvrir en restant plus longtemps à chaque endroit. Il vous faut découvrir plus que les incontournables.
Le principal intérêt d’un tour du monde est d’avoir le temps de sortir des sentiers battus. Ne cherchez pas forcément à visiter tous les lieux incontournables indiqués par les guides. Ils sont souvent chers et très fréquentés. Passez par des endroits plus originaux, plus authentiques. Ils réservent souvent de belles surprises et vous pouvez y faire des rencontres intéressantes. Ne regrettez pas de ne pas pouvoir tout voir, car au final, les meilleurs moments sont les plus simples et les plus inattendus.
Il faut absolument laisser de la place à l’imprévu. L’autre gros avantage d’un long voyage, par rapport à de simples vacances, est d’avoir le temps de laisser la place à l’imprévu. On vous déconseille donc de planifier en détail l’itinéraire au sein de chaque pays. Pour certaines personnes (dont moi), il est difficile de résister à cette tentation, mais croyez-moi, votre voyage sera certainement plus intéressant si vous ne le faites pas. Par exemple à Hong Kong, j’ai eu 2 jours off. En regardant une carte à l’auberge, j’ai vu que Macao était à 1h de ferry. J’ai donc décidé sur un coup de tête d’y aller, et je n’ai absolument pas regretté, bien au contraire. En général, je planifiais ce que j’allais faire dans chaque ville et pays une fois arrivée. Le personnel des auberges de jeunesse a l’habitude de donner les bons plans et les incontournables. Ils m’aidaient donc à chaque fois à faire les bons choix. Les blogs de voyage spécialisés m’ont aussi énormément aidé à sortir des capitales pour aller visiter des villes plus méconnues.
Vous pouvez prévoir la liste et l’ordre des pays que vous visiterez. Cependant, soyez conscients que peu de tourdumondistes respectent leur itinéraire de départ (ayant pris mes billets à l’avance, j’ai modifié des dates mais j’ai respecté toutes mes destinations sans rien changer). Des opportunités inattendues se présenteront sûrement en cours de route. Soyez prêts à les saisir, les lieux où vous aurez envie de vous attarder ou les gens avec qui vous avez envie de faire un bout de chemin. N’hésitez pas à changer vos plans. C’est souvent une belle aventure.
Faites aussi des choses que vous ne pourriez pas faire en vacances. Votre tour du monde sera peut-être la seule fois dans votre vie où vous aurez le temps de consacrer plusieurs semaines, voire plusieurs mois, à une activité à l’étranger. Vous pouvez par exemple en profiter pour travailler, faire du volontariat, du woofing, passer des diplômes de plongée, faire un long trek ou prendre des cours de langue.
Vous devez vous aménager des temps de repos. Plusieurs mois de voyage à bouger tout le temps, ça use. Je n’y croyais pas au début et j’étais très moqueuse. Mais je vous assure qu’un tour du monde n’a rien à voir avec une ou deux semaines de vacances annuelles. C’est vraiment fatiguant. A mon retour, j’ai pris près de 2 mois pour me retrouver et ne plus être épuisée. Si vous passez votre temps à enchaîner des visites de sites touristiques et à changer d’endroit tous les trois jours pendant un an, vous risquez de finir sur les rotules. Certains tourdumondistes vont même jusqu’à faire une sorte de burn-out du voyageur. Ça paraît peut-être étrange, mais il est bon de prévoir des temps de repos pendant votre voyage. Si vous en parlez à vos proches, ils se moqueront peut-être de vous : « Quoi, tu as besoin de vacances pour te reposer de tes vacances ? ». Cependant, je vous conseille vraiment de vous aménager des temps de repos au cours de votre voyage.
On se pose souvent la question de savoir combien de temps rester dans chaque pays. C’est vraiment très personnel. Je me suis rendue compte que mon itinéraire était fatiguant soit mais j’avais vraiment très bien préparé mon voyage car je suis restée le juste temps pour moi. Je visite quand même assez vite et venant d’une île, je n’avais pas les mêmes attentes que certains. Prenez donc bien le temps de préparer votre voyage en fonction de vous, de ce que vous soulez voir. Ce n’est pas nécessaire de rester un mois dans chaque pays par exemple. Ecoutez-vous et faites les bons choix pour vous. Un tour du monde n’est pas une course aux tampons sur le passeport. Mais on n’est pas non plus obligé de « sacrifier » des pays avant de partir. Il faut trouver son juste milieu.
Avant de confirmer un pays dans votre itinéraire, je vous conseille de consulter la rubrique Conseils aux voyageurs du site du Ministère des Affaires Étrangères français. Vous y trouverez des cartes remises à jour très régulièrement. Elles classifient précisément chaque zone du monde selon quatre niveaux de danger. Il vous faudra ensuite déterminer jusqu’où vous être prêt à vous rendre en fonction de votre aversion au risque. La lecture des conseils du Ministère des Affaires Étrangères peut être assez inquiétante. En effet, même pour des pays qui semblent sûrs, le site signale souvent des risques qui font peur (le risque zéro n’existe pas, même à Paris). Toutefois, il faut garder à l’esprit qu’il a pour vocation de recenser de façon la plus exhaustive possible tous les dangers liés aux pays. Il faut donc le prendre avec un peu de recul. Je vous conseille également de vous inscrire sur le site Ariane du ministère des affaires étrangères. Cela permet de savoir que vous êtes dans une pays étranger pendant une période donnée en cas de problèmes et d’évacuation.
Enfin, je vous conseille de télécharger une application révolutionnaire pour un tour du monde. Je parle bien sûr de Polarsteps. C’est une application qui vous permet d’enregistrer automatiquement votre itinéraire grâce au GPS de votre téléphone pendant votre voyage. Votre parcours peut être visualisé par vos proches sur une grande carte, avec une colonne chronologique de textes et photos sur le côté. Vous pouvez choisir d’activer la géolocalisation automatique via l’appli mobile. Elle peut être réglée pour consommer très peu de batterie sur votre téléphone. Si vous laissez la géolocalisation activée, Polarsteps vous propose des étapes en fonction des lieux que vous avez visités et géotague automatiquement vos photos. Vous pouvez ajouter des étapes et continuer à être géolocalisé hors connexion. Vos informations seront automatiquement synchronisées dès que vous aurez à nouveau du réseau. Enfin, une fois votre voyage terminé, vous pouvez, si vous le souhaitez, faire imprimer un livre qui sera automatiquement généré à partir de votre carte, de vos photos et de vos textes. Cette appli a littéralement illuminé mon tour du monde. Je n’ai pas eu à envoyer à chaque proche les photos et commentaires de mon voyage. Tout était centralisé sur l’application et mes amis pouvaient suivre à leur rythme mon voyage. J’ai choisi de créer un compte privé ce qui m’a permis de sélectionner ceux qui avaient accès à mes photos et récits de voyage. Cela demande une certaine discipline afin de télécharger chaque jour les photos et mettre les commentaires, mais à la fin du voyage, c’est juste magique et mémorable.
Je vous propose mon itinéraire en exemple.
- Durée : 5 mois et demi
- Nombre de pays : 10
- Distance : 95 516 km
- Principaux moyens de transport : Avion, bus, uber
- Nombre de vols : 25
- Budget total : environ 10 000 €
Paris – Boston // Seattle – Honolulu – Auckland – Nouméa – Sydney // Cairns – Bali – Taipei – Séoul – Hong-Kong – Tokyo – Paris
- Le sac à dos
Quand on part la première fois pour un long voyage de plusieurs mois, on a peur d’oublier quelque chose. On a du mal à distinguer les objets qui seront vraiment utiles des gadgets qui ne serviront jamais. On a l’impression que s’il nous manque un vêtement ou du matériel, on aura beaucoup de mal à le trouver à l’autre bout du monde. Selon le site tourdumondiste.fr (ma bible, rappelez vous), le poids moyen du sac (sac d’appoint compris) est identique pour les femmes et les hommes : 15 kilos (17,5 kilos pour ceux qui voyagent avec des enfants). C’est trop je vous assure. Quand on demande aux tourdumondistes ce qu’ils changeraient si c’était à refaire, la plupart répondent : « Ne pas trop se charger au départ ». Beaucoup ont dû renvoyer une partie de leur équipement par la poste en cours de route pour s’alléger. D’ailleurs, ceux qui repartent pour un deuxième long voyage sont presque toujours moins chargés que la première fois.
Voyager avec un sac trop lourd peut avoir un gros impact sur votre voyage.
- Vous serez vite fatigué. Marcher en plein soleil avec un sac de 15 kilos n’est pas une partie de plaisir. Vous serez souvent tenté de prendre le premier hébergement que vous trouvez, plutôt que de marcher avec votre sac sur le dos pour en dénicher un autre moins cher. Il vous sera aussi difficile de courir derrière un bus si vous êtes en retard.
- Vous serez encombré. Dans les bus, il n’y a pas toujours de soute. Quand il y en a une, elle est parfois pleine quand vous arrivez. Vous pouvez aussi avoir peur de vous le faire voler aux arrêts. Dans ces situations, vous embêterez tout le monde en prenant un sac trop gros à l’intérieur. Un gros sac vous empêchera aussi de prendre des motos-taxis.
- Vous perdrez du temps. Vous devez refaire votre sac à chaque fois que vous changez d’endroit. Plus il est gros, plus c’est long. Quand vous devez attendre pour prendre un bus, il est agréable de pouvoir aller vous balader. Si votre sac est trop gros, vous perdrez ce temps à rester dans la gare routière.
- Vous serez plus stressé. Vous ne vous sentirez pas en sécurité en vous promenant en ville, car vous attirerez les regards. Plus votre sac est gros, plus vous avez l’air encombré et maladroit. Un gros sac donne aussi l’impression de contenir plus de choses de valeur. Votre stress impactera vos relations avec les habitants des pays que vous visiterez.
- Vous dépenserez plus d’argent pour acheter votre équipement, mais aussi pour mettre votre sac en soute dans les compagnies low-cost, alors qu’un sac léger peut passer en cabine.
Faire le tour du monde avec un sac de moins de 5 kg, ça paraît impossible et pourtant sans pour autant finir en slip, certains le font avec encore moins. Par contre, je vous avoue que c’est assez compliqué. Mon sas à dos faisait 9 kg malgré tous mes efforts d’allègement. En achetant des souvenirs pour mes proches, il est même monté jusqu’à 14 kg et c’est beaucoup trop. J’ai pu l’alléger pendant le voyage grâce à ma mère qui m’a rejointe à mi-parcours. J’ai donc fini le voyage avec un sac de 9 kg et avec du recul je suis partie avec des choses que je n’ai jamais utilisé donc il est possible d’alléger encore le sac de 2 à 3 kg. L’allègement est donc une démarche personnelle visant à gagner en liberté et vivre plus simplement pendant son voyage, à condition que l’on veuille bien balayer certaines idées reçues du revers de la main. Ce n’est pas évident mais je vous assure que je ne regrette absolument pas et que pour mon prochain voyage je partirai encore plus légère.
Tout d’abord, il faut bien comprendre que faire son sac est une démarche personnelle, car chacun a des besoins différents. Bien que la méthodologie soit universelle, les exemples de listes et d’objets ne peuvent pas être copiés-collés. Certains se passionnent de photos alors que d’autres aiment faire le tour des bars du coin pendant que d’autres encore veulent faire de la randonnée en pleine nature. Pour faire un sac léger, il est important de suivre des étapes précises et dans un ordre précis. Et cela prend pas mal de temps soyons honnêtes. Il est très important de prendre le temps de lire la montagne d’informations trouvée sur internet et de réfléchir à ce vous voulez faire pendant votre voyage. La perfection est atteinte, non pas lorsqu’il n’y a plus rien à ajouter, mais lorsqu’il n’y a plus rien à retrancher.
- Établir la liste exhaustive des objets que vous souhaitez emporter et leur poids
Tout noter ! De la brosse à dents à la bouteille d’eau en passant par le sac de couchage et les paires de chaussettes. Faites des catégories pour faciliter la lecture et la réflexion. Notez, mais séparez ce que vous allez porter sur vous le plus souvent (vêtements et contenus des poches) pour bien mettre en lumière le poids du sac. N’inscrivez pas les consommables (savon, dentifrice, shampoing, eau). Sur un voyage long, ils vont et viennent selon les besoins et ce qui existe localement. Par contre, vous pouvez noter les contenants vides. Aucun gramme ne doit être oublié et je dis bien aucun !
- Réfléchir ligne par ligne s’il est possible de s’en passer et éliminer le superflu
C’est 80 % du travail. Réduire le nombre d’objets de sa liste reste l’étape la plus difficile, mais c’est vraiment celle qui apporte le plus d’efficacité. En ai-je vraiment besoin ? A quelle fréquence vais-je l’utiliser ? N’ai-je pas un autre objet dans ma liste qui pourrait me servir à la place ? Puis-je tout simplement apprendre à m’en passer ?
- Si je le garde, se demander s’il n’existe pas une alternative plus légère
Existe-t-il quelque chose de similaire dans le commerce qui serait plus léger ? Dans mon budget ? Est-ce que je ne pourrais pas me le fabriquer moi-même ? Est-ce que je ne pourrais pas alléger cet objet en lui retirant quelques accessoires ?
Je vous propose quelques techniques pour bien analyser ses besoins et réaliser l’étape n°2 de manière efficace. Sauf cas particulier, votre cerveau n’est pas forcément prêt à cette réflexion, car, tout simplement, vous ne l’avez jamais faite. En ai-je vraiment besoin ? Combien de fois vous êtes-vous posé cette question dans votre vie ? Peut-être jamais, au plus quelques fois pour des achats très onéreux. Vous allez devoir maintenant écouter au plus profond de vous-même pour y répondre, comprendre vos craintes, élargir votre esprit, vous faire confiance.
Toute cette réflexion prend du temps donc commencez plusieurs mois avant le départ. De plus, en vous prenant bien à l’avance, vous pourrez profiter des soldes et des fins de série qui ont lieu tout au long de l’année. Et surtout vous ne devez pas lâcher votre objectif. Par exemple, je souhaite voyager avec un sac de 6 kg. Je compose ma liste et je la travaille jusqu’à que je tombe sous cette limite. Je n’achète rien tant que le chiffre magique n’apparaît pas en bas de la page. Dites-vous bien qu’il n’y a pas vraiment de limite et que l’extrême peut être très bas. Si vous portez un pull en laine qu’une journée sur un voyage de disons un mois et qu’il reste dans votre sac le reste du temps, c’est qu’il n’aurait jamais dû être dedans. Chassez ces objets à coup de grandes baffes !
Vous devez aussi favoriser la polyvalence. Plutôt que de prendre deux objets, il est préférable de prendre un objet qui a les deux fonctions. Par exemple, un pantalon de randonnée dont le bas se retire pour faire un short est une astuce connue ou alors une paire de chaussures que je peux utiliser en ville comme en montagne pour ne pas avoir plusieurs paires.
Les chaussures sont typiquement les éléments les plus lourds de la liste. J’ai choisi de partir avec une paire de basket et une paire de tong à lanières, le combo le plus adapté à un voyage tourné autour de la marche et des activités sportives. Les tongs étaient utilisées le soir, pour les journées de détente et pour les balades par temps chaud.
Vous ne devez jamais prendre deux fois le même objet. Cette règle est très importante. Par exemple, plutôt que de prendre 2 tee-shirts à manches courtes, privilégiez le combo un tee-shirt manches courtes très fin synthétique avec un tee-shirt manches longues en laine mérinos. Vous profiterez alors d’une plus grande marge dans le panel de températures que vous allez rencontrer sur la route.
Ne négligez pas les ressources locales. Vous ne partez pas dans un désert sans rien du tout. Partout dans le monde, vous trouverez des magasins pour vous équiper, surtout en vêtements. Dans les pays en développement, cela peut se faire à petit budget, mais vous aurez moins de choix. Pour les pays plus riches, le choix sera plus important, mais le budget plus élevé.
Vous trouvez que votre sac est trop lourd ? Vous ne voulez pas porter certains souvenirs jusqu’à la fin de votre voyage ? Vous vous êtes rendu compte que vous avez pris beaucoup de trop de vêtements, mais vous ne voulez pas vous en débarrasser ? Pas de problème, envoyez un colis à la, maison ! Cela peut mettre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, avant d’arriver, mais ce n’est pas bien grave puisque vous tracez votre route pendant encore un moment.
Prendre pour habitude de ne jamais avoir plus d’une semaine de vêtements permet de réduire le volume et le poids de son sac. Beaucoup d’auberges (voire même de campings) proposent des machines à laver payantes. C’est l’histoire de 2h avec le sèche-linge compris (le temps d’une sieste, d’un film, d’un resto…) et vous repartez tout propre. Dans les pays plus modestes, beaucoup de boutiques proposent un service de nettoyage à un prix dérisoire. Parfois, ils livrent même à l’hôtel ! Là où il y a de la vie, il y a de l’eau. La population locale se lave et lave ses vêtements donc, à moins que vous passiez du temps dans le désert loin de toute civilisation, vous n’aurez jamais aucun problème pour laver vos vêtements. Je lavais mes vêtements chaque semaine et j’adorais cette pause de 1h à 2h qui me permettait de penser à autre chose. Je lavais tous mes vêtements, mais aussi la protection de mon sac à dos (que j’utilisais comme panier à linge).
Toute votre démarche peut être réduite à néant si vous tombez dans certains pièges. N’achetez pas un gros sac. Le sac à dos est typiquement l’objet que l’on doit acheter en dernier. Une fois que tout notre matériel est prêt, il nous suffit d’estimer le volume que cela représente (par exemple avec des sacs poubelle) auquel on ajoute une petite marge et on achète ce chiffre. Un gros sac a tendance se remplir tout seul comme par magie ! Ma technique a été de prendre un sac de 50 L et j’ai aménagé ma liste pour le sac.
La trousse de toilette et la pharmacie sont souvent les victimes des okazous (au cas où). Il existe des médicaments efficaces partout dans le monde à des prix abordables. Prendre des traitements pour couvrir toutes les maladies possibles et inimaginables n’a pas vraiment de sens. Se concentrer sur les plus courantes (sans mauvais jeu de mots). Si vous présentez des symptômes anormaux, évitez l’automédication et allez consulter un médecin. Je suis partie avec une trousse à pharmacie ultra complète que je n’ai pas ouverte. Si c’était à refaire, je partirai beaucoup plus légère à ce niveau là.
Je suis partie avec une serviette microfibre. C’est une matière qui absorbe beaucoup d’eau et qu’on essore très facilement afin qu’elle puisse en absorber à nouveau. Cette serviette ne prend pas beaucoup de place et ne pèse rien. De plus, j’ai toujours dormi dans des hôtels, auberges de jeunesse ou guesthouses dans lesquels une serviette était fournie gratuitement ou pour moins de 1 euro. La serviette m’a quand même servie quelque fois donc elle reste un incontournable de la liste d’équipement.
On ne veut pas se séparer d’un objet qu’on nous a offert et on est souvent prêt à porter plus lourd pour lui-même s’il n’est pas adapté à notre voyage. Outre l’allègement du sac à dos, le laisser à la maison permet également de se libérer l’esprit, car on ne veut pas l’abîmer ou se le faire voler. Il n’a donc rien à faire dans votre sac. L’attachement sentimental est donc à éviter !
Un sac de couchage trop chaud, une tente prévue pour des tempêtes arctiques, des chaussures pour faire des expéditions en montagne… Par peur, nous avons tous tendance à en rajouter. On peut très bien marcher en montagne avec une simple paire de baskets à partir du moment qu’on fait attention et qu’on ne porte pas un sac de 30 kg. Sans tomber dans l’extrême et mettre en péril sa sécurité, bien identifier son besoin et écouter son expérience évitent d’emporter du superflu.
Faire de la randonnée avec peu de matériel est tout à fait possible et même conseillé pour réduire votre fatigue et profiter pleinement de l’expérience. Contrairement à ce qu’on vous a dit depuis toujours, vous n’êtes pas obligés de partir en montagne avec des grosses chaussures, un tente double-paroi de 3 kg et des bâtons sur ressorts, mais une randonnée facile peut être effectuée avec une paire de baskets et une bâche en plastique. Il existe plein d’alternatives. Posez-vous également la question du nombre de randonnées que vous allez effectuer ? N’est-il pas possible de louer du matériel sur place ? N’y a-t-il pas la possibilité de dormir dans des refuges ? Pour plus d’informations, le forum randonner-leger.org est la bible sur le sujet. Il y a beaucoup d’astuces pour randonner léger pour tout type de destinations et à tout budget. Je ne comptais pas faire de randonnée nature et dormir à la belle étoile. Je n’ai donc pas pris de sac de couchage, tente et autre élément. J’ai fait du camping en Nouvelle Calédonie et on m’a prêté le matériel. J’ai donc voyagé léger mais cela ne m’a pas empêché de faire des randonnées et du camping.
J’ai fait le choix de regrouper tous mes appareils électroniques dans un smartphone. Il m’a servi pour téléphoner, écouter de la musique, prendre mes photos, communiquer sur les réseaux sociaux, aller sur internet, consulter mes e-mails, consulter mon compte bancaire, regarder des films, sauvegarder des copies de mes papiers importants… je m’en suis même servi de lampe de poche ! Bref, je me suis parfaitement contenté de cet outil tout-en-un dont la qualité des photos et des vidéos était au rendez-vous (j’ai acheté un nouveau portable spécifiquement pour mon départ en tour du monde).
La théorie étant presque achevée et le budget établi, il est temps de se mettre aux choses sérieuses. Comme il est toujours plus facile de s’inspirer de ce qui existe déjà pour créer quelque chose à soi, vous trouverez sur internet (et sur le site tourdumondiste.fr bine entendu) des exemples de listes de matériel bon marché pour voyager partout dans le monde.
Chapitre 3 : pendant le voyage
Comme vous avez pu le voir, j’ai quand même beaucoup planifié mon voyage. Mes billets d’avion étaient tous pris avant le départ, j’avais les dates des principaux vols entre les pays. Je savais plus ou moins ce que je voulais voir dans chacun des pays. Mais par contre je n’avais pas planifié les visites (trop de travail par rapport à tout ce qu’il fallait faire avant le départ). Avant d’arriver dans une ville, je réservais toujours la première nuit d’hôtel. Cela permettait de donner une adresse aux services de l’immigration du pays. Cela permettait aussi d’avoir un point de chute dès l’arrivée dans ce nouveau pays. J’avais donc téléchargé des applications sur mon portable pour faire les réservations. Celle que j’ai le plus utilisé était Booking.com mais il en existe d’autres que j’ai parfois utilisé (mais très rarement) comme Hostelworld (c’est la première appli pour chercher une auberge de jeunesse partout dans le monde), AirBnB, Agoda (comme Booking, mais spécialisée sur l’Asie). J’ai voulu faire du Couchsurfing (réseau de voyageurs basé sur l’échange sans contrepartie financière) mais les deux fois, mes demandes sont restées sans réponse, j’ai donc vite laissé tomber. Je ne réservais que une à deux nuits dans un hébergement. Cela me permettait de vérifier que le logement était propre et que j’allais être en sécurité. S’il me convenait, je pouvais prolonger mon séjour de plusieurs nuits. Sinon, je changeais sans état d’âme et déjà présente dans la ville, je pouvais même aller visiter le futur logement avant de réserver. Cela m’a donné une grande flexibilité lors de mon voyage. La contrepartie est d’accepter de ne pas forcément rester dans la même chambre en fonction des réservations de l’auberge ou de l’hôtel. Mais cela reste un désagrément mineur par rapport à la flexibilité et à la liberté.
Dans chacune des villes, c’est en arrivant que je décidais de ce que j’allais faire. Il y a tellement de démarches à faire avant le départ que j’ai choisi de me concentrer sur chaque destination seulement en y allant. Entre les avions à prendre, les trains et bus, il y a beaucoup de temps d’attente que je mettais à profit pour organiser un programme de visites. Sans rentrer dans les détails à la journée près, je listais tout ce que j’avais envie de faire en tenant compte du temps passé dans chaque pays. Pour trouver quoi faire, Google était mon meilleur ami. On trouve de tout sur internet et il y a de nombreux sites pour chacun des pays que j’ai visité (je ne suis pas allée en terres inconnues non plus et j’étais dans des pays très touristiques). Je faisais donc ma petite liste, et arrivée sur place je m’adaptais. Les auberges de jeunesse proposent très souvent des activités gratuites dont j’ai beaucoup bénéficié. Je me suis également fait de nombreux compagnons de voyage et j’ai souvent partagé des journées de visite avec eux. Le dernier jour avant de quitter la ville et/ou le pays était consacré à la lessive, je refaisais mon sac et je me préparais au départ.
Dans chacune des villes, le plus compliqué (surtout dans les pays asiatiques) a été de m’orienter et de trouver l’auberge ou une adresse quelconque. Quand j’avais Internet (grâce au forfait international), j’utilisais Google Maps qui couvre maintenant presque toute la planète. Quand j’y pensais (pas souvent vu comment je me suis perdue), je téléchargeais une partie de carte sur mon téléphone pour pouvoir y accéder hors connexion. Quand je n’avais ni wifi ni connexion internet, j’utilisais l’application Maps.Me qui propose des cartes disponibles hors connexion. Dans la plupart des grandes villes du monde, il est possible de télécharger une application du réseau de transports en commun. C’est bien pratique pour se balader. Je ne les ai pas utilisé mais j’avais téléchargé avant le départ les applications Rome2rio et Waze. Rome2rio vous permet de connaître toutes les combinaisons de transports possibles pour aller d’un point A à un point B, n’importe où sur la planète. Elle prend en compte l’avion, le train, le bus, le ferry, le covoiturage et la location de voiture. Waze est un GPS collaboratif. Si vous voyagez avec votre véhicule ou que vous en louez un, vous pourrez trouver votre route en prenant en compte la circulation, les travaux, les radars et les accidents. J’avais aussi l’application Uber que je n’utilisais pas tout le temps (car assez onéreux) mais plutôt quand je n’avais pas le choix (un avion trop tôt ou trop tard par exemple). En Australie, j’avais loué un campervan et j’utilisais Google map comme GPS. L’application Campermate m’a permis de trouver des emplacements de camping (mais elle propose aussi des stations de vidange, des toilettes publiques, des hébergements, des laveries automatiques, des spots de WiFi gratuit). Cela me permettait de m’arrêter quand je voulais et de choisir à la dernière minute où m’arrêter (quand j’étais fatiguée de conduire pour dire toute la vérité).
En ce qui concerne le budget, je me connectais quotidiennement (voir plusieurs fois par jour) sur l’application de ma banque afin de voir où j’en étais. Je faisais régulièrement des virements de mon compte courant vers ma Revolut. Cette carte a débit immédiat m’a permis de faire mon budget sans le faire finalement car tout est automatisé avec la carte. J’ai aussi beaucoup utilisé l’application XE Currency qui m’a permis de convertir toutes les monnaies du monde. Si vous partez à plusieurs, l’application Tricount permet de faire facilement les comptes entre amis. Il suffit de saisir chaque dépense en indiquant qui a payé. L’appli calcule ensuite le moyen de plus simple d’équilibrer les comptes et indique qui doit combien à qui.
Pour communiquer, je n’ai utilisé que WhastApp, aussi bien pour les appels, les vidéos ou les messages. Je n’étais au final jamais seule parce qu’avec le décalage horaire j’étais tout le temps au téléphone avec mes proches, mes amis, ma famille. Je n’utilisais que l’applications Polarsteps pour poster mes photos et tenir mes amis et ma famille au courant de vos pérégrinations. Je me suis rendue compte que beaucoup de tourdumondistes utilisaient Instagram pour partager les photos et vidéos de voyage, mais aussi pour communiquer avec les compagnons de voyage éphémères rencontrés tout le temps. En plus de Polarsteps, je sauvegardais régulièrement mes photos sur Google Drive (car on ne sait jamais et ça m’aurait fendu le cœur de perdre tous mes souvenirs). J’ai aussi beaucoup utilisé l’application Youtube Music pendant tout mon voyage, ce qui m’a évité de charger la mémoire de mon téléphone avec mes musiques favorites (mais vous pouvez aussi choisir Deezer, Shazam, ou autre). Je ne suis pas trop télé, mais j’étais continuellement sur mon compte Facebook et sur Instagram pour regarder des vidéos et faire passer le temps (on a parfois beaucoup, mais beaucoup de temps à attendre je vous assure).
Chapitre 4 : Après le voyage : le retour
Le retour est vécu de façon très différente d’un voyageur à l’autre. Certains reprennent leur vie d’avant, comme s’ils étaient seulement partis quelques semaines en vacances. Cela a été mon cas. Je me suis de nouveau glissée dans mon ancienne vie sans difficultés, reprenant mes habitudes sans soucis. D’autres ont plus de difficultés à se réacclimater. Beaucoup de tourdumondistes passent par plusieurs phases lors de leur retour. Le retour, c’est vraiment la période la plus délicate d’un long voyage. Après plusieurs mois à vivre intensément et sans contrainte, on est contents de retrouver nos proches, mais on a souvent ensuite un coup de déprime, plus ou moins marqué selon les voyageurs. Je vais essayer de vous expliquer comment aborder les différents aspects de votre retour et comment éviter que le coup de blues ne se prolonge trop longtemps.
- L’euphorie du retour
Quand vous rentrez d’un long voyage, vous êtes heureux de revoir les proches dont vous avez été éloigné pendant longtemps et de retrouver le confort de la vie occidentale. Vous avez un peu l’impression d’être une star et prenez beaucoup de plaisir à raconter vos aventures à tout le monde.
- Le contre-choc culturel
Au bout de quelques semaines ou de quelques mois, la routine se réinstalle. La vie d’avant reprend son cours. Vous avez parfois l’impression d’être revenu à la case départ. Vous vous sentez moins épanoui que pendant votre voyage et vous y repensez avec nostalgie. Il faut vous laisser le temps de prendre du recul, d’intégrer tout ce que vous avez vécu. Accordez-vous le droit de ne pas vous sentir bien, c’est une étape assez normale. L’intensité et la durée de cette période de déprime varient beaucoup d’un voyageur à l’autre. En ce qui me concerne, ce n’était pas de la déprime mais de la fatigue. Je suis revenue exténuée du voyage et il m’a fallu facilement 3 mois pour me sentir de nouveau à l’aise.
- Le réajustement
Au bout d’un moment, le voyage semble loin. Vous commencez à prendre du recul et à intégrer tout ce que vous avez vécu pendant votre tour du monde. Vous construisez de nouveaux projets et l’effervescence de la vie quotidienne fait s’estomper peu à peu votre mélancolie. C’est dans cette phase que j’ai décidé de rédiger mon récit de voyage. Je cherchais également du travail ce qui m’a bien occupé.
- L’adaptation
Ce qui vous paraissait étrange dans votre pays redevient progressivement ordinaire et vous vous sentez de plus en plus à l’aise dans votre environnement. Vous pouvez recommencer à profiter pleinement de votre pays, le contre-choc culturel étant, à ce moment, normalement dépassé. Le retour, c’est comme un choc culturel, mais chez vous. La crise sanitaire mondiale du coronavirus a débuté à mon retour chez moi (c’est pour cela que je ne suis pas immédiatement repartie). Un confinement total a été mis en place en France donc le retour à la vie normale n’a pas été pour tout de suite. Rien ne sera plus jamais pareil après cette crise. J’imagine déjà mon prochain voyage mais il est vrai qu’il faudra faire les choses différemment. Je positive en espérant que l’après-crise me réservera de belles surprises et de magnifiques voyages dans les années à venir.
Le retour d’un tour du monde est l’occasion de faire une grande fête avec votre famille et vos amis. Certains tourdumondistes rentrent même plus tôt que leur date de retour annoncée pour faire la surprise à leurs proches. Vous êtes heureux de les retrouver après autant de temps passé loin d’eux et avez l’impression de les avoir quittés la veille. En voyage, on rencontre énormément de monde, mais ce sont des relations qui durent rarement très longtemps. Ça fait du bien de retrouver des attaches durables en rentrant.
Cependant, beaucoup de voyageurs sont déçus par le peu d’intérêt que portent leurs proches à leurs aventures. Tout le monde n’attend pas un récit détaillé. Beaucoup posent quelques questions, souvent les mêmes, du genre « Quel pays as-tu préféré ? » ou « C’est quoi le lieu incontournable ? » et enchaînent vite sur les actualités de la vie quotidienne. On vous demandera parfois « C’était bien ? », comme si vous n’étiez seulement parti en vacances deux semaines. Le sujet du voyage est rapidement mis de côté alors que vous aimeriez en parler des heures. Vous aurez peut-être la sensation d’être le seul à vraiment comprendre ce que vous avez vécu, sans pouvoir l’expliquer. Quand vous n’étiez plus là, vos amis et votre famille ont appris à faire sans vous et il peut être difficile de retrouver votre place. Cela ne m’a pas dérangé du tout parce que répondre chaque fois les mêmes choses aux mêmes questions posées devient vite lassant. Tout le monde sait que vous êtes partis et personne ne vous l’enlèvera. Ce fût une belle parenthèse dans ma vie mais j’ai apprécié revivre ma vie d’avant avec mes souvenirs plein la tête.
Certains ex-tourdumondistes ont du mal à se réinsérer dans la société. Ils se sentent déconnectés, en décalage, parfois incompris, un peu comme étrangers à leur propre pays. Ils ont l’impression de subir le manque d’ouverture d’esprit des autres et les trouvent fermés aux idées extérieures. Il n’est pas facile de côtoyer à nouveau des gens qui vous ressemblent. Les rencontres vous manquent. À votre retour, vous ferez parfois face à une incompréhension quant à vos choix de voyage ou de vie. Votre blues du retour peut paraître illégitime aux yeux de vos proches, car pour eux, vous revenez d’un an de « vacances ». Certains vous jugent ou vous font la morale : « Tu vas faire quoi maintenant ? Tu cherches du boulot ? »
Mes conseils :
- N’ayez pas trop d’attentes vis-à-vis de vos proches. Il y a un décalage compréhensible entre votre vision des pays et du voyage et la leur, particulièrement s’ils n’ont pas beaucoup voyagé. Une fois que vous aurez admis cela, il sera plus facile de vous concentrer sur le seul plaisir de retrouver votre famille et vos amis.
- Acceptez les autres tels qu’ils sont et n’essayez pas de lutter pour les changer.
- Apportez-leur votre énergie positive ramenée de votre voyage plutôt que de les narguer avec ce que venez de vivre. Restez simple, ouvert et humble.
- Parlez à des proches qui ont beaucoup voyagé ou qui sont très curieux. Cela peut vous aider à surmonter votre frustration. Eux seuls pourront comprendre à quel point ce voyage vous a transformé. Vous pourrez ainsi partager vos souvenirs et vos émotions sans donner l’impression d’être un monsieur ou une madame « j’ai voyagé partout ».
- Ne cessez pas de voir certains amis parce qu’ils ne comprennent pas vos choix. Dites-vous qu’ils n’ont pas vécu le voyage que vous avez pu faire.
- Essayer de garder contact avec des amis rencontrés sur la route, même si ce n’est pas toujours facile avec la distance (mais tellement agréable de recevoir des messages de l’autre bout du monde).
- Tenez un blog ou une page Facebook (ou Polarsteps) pendant votre voyage. Il sera plus facile d’en discuter au retour avec vos proches qui auront suivi vos aventures.
- Si vous vous sentez triste, ne restez pas seul, sortez voir vos amis et osez leur expliquer ce qui se passe.
Au retour de votre tour du monde, vous devez aussi faire face à des préoccupations plus matérielles. La première est de savoir où loger. Si vous aviez mis votre logement en location ou en sous-location pendant votre voyage, il faut seulement vous assurer que la fin du bail de votre locataire correspond bien à votre date de retour. Vous pourrez alors réemménager dans votre appartement ou votre maison. J’avais laissé mon appartement vacant pendant mon voyage. J’ai donc pu le retrouver à mon retour et me glisser dans mon ancienne vie. Si vous avez résilié votre bail ou vendu votre logement avant de partir, vous devez en trouver un nouveau à votre retour. Comme vous n’avez pas travaillé ni payé de loyer en Europe depuis longtemps, vous n’avez ni fiche de paye ni quittance de loyer récente. Sans ces documents, beaucoup de propriétaires ne vous font pas confiance. Il est donc difficile de trouver un logement dès votre retour, particulièrement dans les grandes villes. Cependant, vous pouvez essayer d’écrire une lettre expliquant votre parcours pour accompagner votre dossier et demander à vos parents de se porter garants pour rassurer les propriétaires. La plupart des tourdumondistes logent dans leur famille ou chez des amis à leur retour. Revenir auprès de vos proches vous permet d’avoir un sas de décompression avant le retour à la « vie réelle ». Loger chez papa maman ou chez des potes, c’est sympa un moment, mais vous risquez d’avoir le sentiment de ne pas vraiment être chez vous. Vous aurez peut-être le sentiment de déranger ou de manquer d’intimité.
Mes conseils :
- Si aucun logement ne vous attend à votre retour et que vous en avez l’occasion, essayez de vous mettre en colocation avec un ou des amis. Ça vous permettra de vous sentir chez vous tout en ayant de la compagnie.
- Si vous logez chez quelqu’un, évitez d’y rester plus de deux ou trois mois pour ne pas avoir le sentiment de déranger ou de stagner au niveau personnel.
Il est vital d’avoir une assurance maladie en rentrant. Quand vous partez en tour du monde, vous n’avez pas besoin d’indiquer à la CPAM que vous quittez le territoire. Votre résidence est toujours officiellement en France. Vos droits à l’assurance maladie restent ouverts pendant douze mois à partir du moment où vous arrêtez de cotiser. Si votre voyage dure moins d’un an, vous êtes couvert et n’aurez donc rien à faire en rentrant. Cette couverture sera prolongée dès que vous aurez retrouvé un emploi ou serez inscrit en tant que demandeur d’emploi, étudiant ou indépendant. Si votre voyage dure plus d’an, vous ne serez peut-être plus assuré à votre retour. Pour vérifier si vous l’êtes encore, essayez de vous connecter à votre compte Ameli. Si vous pouvez encore y accéder, c’est que vous êtes encore couvert. Si vous avez été radié, le site d’Ameli vous affichera le message suivant « D’après nos informations vous ne dépendez plus du régime général de l’Assurance Maladie ». Si vous avez été radié, vous avez plusieurs solutions pour retrouver vos droits :
- Trouver un emploi dès votre retour. Il n’y a pas de durée minimale. Quelques heures de travail suffisent pour bénéficier à nouveau de l’assurance maladie pendant un an.
- Vous inscrire comme demandeur d’emploi s’il vous reste des droits au chômage.
- Vous affilier à la sécurité sociale en tant qu‘étudiant.
- Demander la Protection universelle maladie (PUMA, ex CMU de base) si vous ne trouvez pas de travail et que vous n’avez pas droit au chômage.
Si vous n’aviez pas gardé de mutuelle pendant votre voyage, vous pouvez aussi en souscrire une à votre retour pour compléter la part des éventuels frais de santé non pris en charge par l’assurance maladie. Si vous souhaitez combler une période pendant laquelle vous n’êtes plus couvert par l’assurance maladie à votre retour, l’assurance Chapka Cap Tempo France peut vous couvrir en cas de coup dur (frais de santé, en cas d’accident ou de maladie soudaine et imprévisible).
Si vous aviez fait une rupture conventionnelle (come moi), terminé un contrat ou été licencié avant votre départ, vous avez sans doute ouvert, puis suspendu, vos droits au chômage. Vos droits sont alors mis en pause pour une durée maximale de trois ans. À votre retour, il vous suffit de vous réinscrire au Pôle Emploi en tant que demandeur d’emploi pour bénéficier des allocations chômage. Si vous n’avez pas de droits au chômage, vous pouvez faire une demande de RSA à votre retour. Le RSA est calculé au niveau du foyer. Si votre conjoint touche des allocations chômage, il est donc possible que vous n’ayez pas droit au RSA.
Après plusieurs mois, voir plusieurs années, autour du monde, votre compte en banque n‘est en général pas très garni. Le coût de la vie étant sensiblement plus élevé en Europe qu’en Asie, en Amérique du Sud ou en Afrique, vous allez vite avoir besoin de le renflouer. Seuls 20 % des voyageurs qui avaient quitté leur boulot avant de partir commencent à chercher un travail avant de rentrer. En général, les tourdumondistes s’accordent quelques semaines de transition avant de reprendre leur boulot ou d’en chercher un nouveau à leur retour. Cette période vous permet de vous réadapter à votre nouvel environnement et de profiter de vos proches avant de vous relancer dans le travail. Ceux qui cherchent un job en rentrant commencent leurs recherches en moyenne un mois après leur retour (je dois être un peu stressée parce que j’avais commencé à chercher avant même de rentrer).
Le tour du monde est en général une expérience plutôt bien vue par les recruteurs. Vous pouvez assez facilement mettre en avant les nombreuses compétences que ce voyage vous a permis de développer : débrouillardise, maturité, capacité d’adaptation, mobilité, langues étrangères, curiosité, envie d’apprendre, ouverture d’esprit, dynamisme, autonomie, flexibilité…
Chacun vit son retour de façon différente. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, il n’y a en moyenne pas de différence entre la façon dont se passe le retour pour ceux qui avait lâché leur boulot avant de partir et pour ceux qui l’avaient gardé. Certains reprennent une activité professionnelle comme après un simple retour de congés, sauf que celui-ci a duré beaucoup plus longtemps. Ils ont besoin de remettre leurs compétences au service des autres et apprécient le fait de retrouver une activité intellectuelle et un boulot intéressant. On ne perd pas ses compétences en voyage et on reprend vite ses vieilles habitudes. Ils sont aussi heureux de revoir leurs collègues ou d’en rencontrer de nouveaux, de répondre à leurs questions et de leur parler de leur voyage et de leurs aventures. Beaucoup de tourdumondistes ont, en revanche, du mal à se remotiver à travailler. Ils n’ont plus l’habitude d’être enfermés dans un bureau et de bosser devant un ordinateur toute la journée (même si ce n’est pas le cas dans tous les métiers). Retrouver des contraintes horaires et une hiérarchie leur pèse. Certains ex-voyageurs ont besoin de plusieurs semaines d’adaptation pour se remettre dans le bain et retrouver le rythme, la concentration et l’efficacité qu’ils avaient avant de partir. Même s’ils n’ont pas perdu en compétences, certains automatismes et réflexes mettent du temps à revenir. Ils ont l’impression de devoir refaire leurs preuves et sont un peu à l’ouest par rapport aux impératifs des Européens, qui leur paraissent superficiels. Au début, on a encore parfois la tête ailleurs au bureau. Ils se demandent un peu ce qu’ils font là. Les faux-semblants au travail n’ont rien à voir avec les rencontres qu’ils ont pu faire au cours de leur voyage et ils ont du mal à trouver du sens à leur métier. Ceux qui avaient pris un congé sabbatique, un congé sans solde ou s’étaient mis en disponibilité, ont parfois la sensation d’être revenus au point de départ, voir même d’être retournés en arrière. L’organisation dans laquelle ils travaillent peut avoir évolué, s’être réorganisée et ils peinent à y retrouver leur place. Le retour à un boulot que l’on n’appréciait déjà plus avant le départ ne fait en général que confirmer une envie de changement. Au retour, un tourdumondiste sur trois se reconvertit, reprend des études, crée son entreprise ou s’expatrie.
Même si vous avez apprécié les pays visités, vous appréciez aussi d’avoir votre intimité, de dormir tous les soirs dans votre lit confortable et propre. La première une douche bien chaude dans une salle de bain propre, sans devoir mettre ses tongs, est bien agréable. Certains se font aussi une joie de retrouver leur garde-robe, de ne plus s’habiller tous les jours de la même façon. D’autres au contraire, se sentent désormais étouffés par une trop grande accumulation de biens matériels. Il faut se réhabituer à la routine. Au retour, vous êtes dans un premier temps content de ne plus avoir à prévoir chaque jour le lendemain, de ne plus devoir réfléchir à « Je fais quoi ? Je vais où ? Comment aller à la gare ? Comment réserver le prochain hôtel ? ». C’est ce qui est mentalement épuisant dans un tour du monde. Il faut sans cesse penser à la logistique du quotidien. Vous appréciez donc de ne plus refaire votre sac et de changer de lieu tout le temps. Vous êtes heureux de pouvoir regarder un bon film dans un canapé, de profiter du calme et de ne rien faire, tout simplement. Mais au bout d’un moment, les obligations très terre-à-terre du quotidien commencent à vous peser. Vous devez vous lever à une heure fixe pour prendre les transports, aller travailler, faire des courses, le ménage, la paperasse, le train-train habituel. Vous n’êtes plus émerveillé tous les jours. Vous n’êtes plus dans la découverte constante. Vous êtes moins actif physiquement et vous manquez d’adrénaline. Vous avez l’impression de manquer de spontanéité et de liberté en redevenant sédentaire. Vous retrouvez le mode de vie occidental. De retour en Europe, il est possible que vous vous sentiez en décalage avec la société de consommation excessive. Sans forcément partir élever des chèvres dans le Larzac, vous ressentez un peu moins le besoin de posséder des choses. Les gens habillés en noir et qui font la gueule vous paraissent bien tristes par rapport aux sourires rencontrés pendant votre voyage. Vous aurez peut-être tendance à critiquer votre pays et à le comparer à ceux que vous avez visités. Vous avez l’impression que les gens se plaignent et râlent pour un rien, parfois même qu’ils sont agressifs. Vous stressez pour des banalités alors qu’en tour du monde, vous preniez ce genre de mésaventure avec beaucoup plus de recul. Vous devez à nouveau gérer votre temps, jongler avec les contraintes horaires et remplir les cases d’un agenda. Il vous faudra un peu de temps avant que ce sentiment d’urgence permanente ne s’estompe.
Il faut aussi avoir des projets, des activités. Pendant votre voyage vous êtes perpétuellement en mouvement et dans la découverte. Un des meilleurs moyens de garder le moral au retour, c’est de rester actif, surtout si vous ne reprenez pas le travail tout de suite. Je suis revenue et j’ai gardé mon rythme de tour du monde. J’étais donc perpétuellement débordée et en hyperactivité. Il m’a fallu 3 mois pour me calmer et trouver un juste équilibre entre ma recherche d’emploi, mes activités et un peu de repos. Comme la plupart des tourdumondistes, j’ai fini par trouver un équilibre après le retour, mais j’ai gardé un instinct de voyageur. La nostalgie des bons moments vécus en voyage me donne envie de repartir. Je regarde sans arrêt des documentaires de voyage, j’ai modifié la deuxième partie de mon tour du monde afin d’être prête à partir dès que possible (fin de l’épidémie de covid-19, réouverture des frontières, vaccin contre le virus, etc.). Un long voyage vous fait prendre conscience que vous ne connaissez pas aussi bien votre pays que vous ne le pensiez. Pour garder le rythme de découverte, vous pouvez redécouvrir les richesses de votre région. Si vous aimez la randonnée, partez marcher en forêt, en montagne ou au bord de la mer. C’est un excellent moyen de garder un contact avec la nature. Vous avez toujours vos congés pour partir plus loin. En posant trois ou quatre semaines consécutives, vous pouvez encore très bien apprécier des pays que vous n’avez pas explorés pendant votre tour du monde. Les ex-tourdumondistes gardent en général l’habitude de voyager assez lentement, même pendant leurs vacances. Certains rempilent parfois pour un nouveau long voyage. Veillez cependant à bien dissocier cette envie de repartir d’un éventuel mal-être lié à votre retour. Si vous repartez avec des problèmes non résolus, ils referont probablement surface à votre prochain retour. La fièvre du voyage est-elle une maladie guérissable ? D’autres optent pour une activité professionnelle qui leur permet de travailler de n’importe où par Internet. Ces nomades digitaux peuvent aussi continuer à voyager sans avoir à prévoir de date de retour. Enfin, vous pouvez aussi opter pour l’expatriation. Si vous avez un coup de cœur pour un pays au cours de vos voyages, pourquoi ne pas y poser votre sac à dos pour un moment ? Vivre longtemps dans un pays permet de s’imprégner beaucoup plus en profondeur de sa culture.
Beaucoup m’ont demandé à mon retour ce que mon tour du monde m’avait apporté. J’ai déjà appris à mieux me connaître. En six mois de voyage, j’ai fait un bon de dix ans en termes de développement personnel. J’ai beaucoup plus conscience de mes atouts et de mes défauts. Je sais qui je suis et j’ai gagné en confiance et estime de moi. Je suis plus ouverte d’esprit et j’ai moins d’aversion au risque. J’ai appris à relativiser et j’ai maintenant des amis un peu partout dans le monde. J’ai appris à apprécier l’instant présent et à profiter des gens et occasions même ponctuels et j’ai pleins d’histoires à raconter. Enfin, et principalement, le fait d’avoir été éloigné de ma famille et de mes amis pendant si longtemps m’a fait réaliser à quel point ils comptent pour moi. Je ne suis plus tout à fait la même qu’avant mon départ et je pense être une meilleure version qu’avant. Je n’ai aucun regret et qu’une seule hâte : repartir le plus vite possible.











































































Le lendemain, on prend la route pour Brisbane, à plus de 900 km de Sydney. Petit passage éclair chez le loueur pour vérifier 2 trucs et c’est parti. Alors la conduite à gauche, il faut s’adapter et beaucoup se concentrer, mais c’est jouable lol. On ne voit pas grand chose parce que j’ai pris l’autoroute (on fera les routes touristiques au retour euh). Les paysages ne sont pas typiques de l’Australie de mon imaginaire. Mais le voyage reste agréable. Après presque 7h de conduite (et 30 min de sieste j’avoue pendant une petite pause), on décide de s’arrêter pour la nuit à Emerald Beach (oui maman tu as comme toujours eu raison hi hi). On a trouvé un super camping à proximité de la plage et notre emplacement est idéal. Une balade sur la plage (qui ressemble a salines dixit maman, et je suis assez d’accord), une balade dans le camping où on croise des animaux improbables (un iguane, des dindons, des cacatoès), une balade dans le quartier (très beau et paisible avec ses plantes tropicales comme à la maison), la soirée est vite écourtée pour aller dormir parce que nous sommes quand même fatiguées de cette journée passée sur la route.
Le matin, je me réveille à l’aube et je décide d’aller courir. Mon genou va mieux et il est temps de me remettre au sport parce que, comment te dire… Enfin bref, il est urgent que je me remette au sport intensif lol. Donc petit jogging matinal sur la plage, quand au détour du parcours, je tombe nez à nez avec… des kangourous. Oui oui, tu as bien lu, des kangourous. J’ai arrêté de courir javoue (au cas où ils me boxeraient mdr, team capon). Mais finalement ils ne m’ont même pas calculé. J’ai pris des photos et j’ai fini ma boucle. J’ai vécu un de mes rêves ! Merci, merci, merci.
On reprend la route en direction de Brisbane. Il nous reste 4h de route donc on est assez cool aujourd’hui. Après une pause ravitaillement (on a fait des courses quoi, vive le campervan avec sa cuisine et son mini frigo), on repart. Petite anecdote : on passe à Tamar street et maman me dit qu’elle espère que Ralph sera là. J’ai mis 5 minutes à comprendre mais ça a refait ma journée mdr (je ris encore mdr). On s’arrête pour déjeuner après 2h de route à Ballina. Le point de vue est sympa et on voit même des dauphins. Vraiment chouette de déjeuner dans de telles conditions. On continue notre route en passant par Byron Beach. La ville est jolie et très touristique. On arrive finalement près de Brisbane (enfin !). On décide de s’arrêter à Jacobs Well. On dort près de la marina. Il y a pleins d’oiseaux, un cadre sympa comme tout. La côte Est australienne tient pour le moment toutes ses promesses.







